leviathan // you don't know how sick you make me
avatar
Messages : 2
Age : 24
Date d'inscription : 25/03/2016
Brisé






Ven 25 Mar - 0:16



I may be trash, but i’m high quality trash.



Trop petite. Genre un mètre quarante six. Trop maigre, aussi. Une poitrine à peine naissante que tu exhibes avec amerture. Une peau fine et pâle qui te donne un teint de porcelaine, comme une poupée. C'en serait presque joli, si on ne voyait pas tes veines sous les tissus translucides. Des cheveux sans couleur, blancs, coupés court, irréguliers — résultat de toutes ces fois où, de rage ou d'ennui, tu attrapes les ciseaux pour en couper quelques mèches. Tu essaies de les teindre en noir, parfois, pour leur donner un peu plus de présence, te défaire de cette image de fantôme que tu projettes. Rien à faire, tu en profites à peine quelques jours avant qu'ils ne redeviennent blanc, la teinture n'accroche pas, comme si quelque chose l'en empêchait. Le style spectral te colle à la peau. Tes yeux aussi sont laids. Un genre de marron un peu rouge, ça dépend de la lumière. Parfois, dans le soleil, on dirait du sang. Un sang terne qui devient poussière quand on lui retire la magie de l'éclairage. Tu es une drôle de fille, avec ton justaucorps blanc et gris, et puis ces gants que tu ne retires jamais. Tu ne veux rien toucher de tes mains nues. Tu es déjà assez sale comme ça. Et puis il y a les bandages mal noués autour de ta tête et de tes bras, on ne sait pas trop pourquoi. Tu donnes une impression de rafistolé. T'es née toute cassée. Déchirée de l'intérieur.






Mais tu n'as pas toujours été comme ça, n'est-ce pas ? Tu t'accroches aux ombres de souvenirs qu'il te reste de ta vie d'antan. Tu as vécu il y a très longtemps de cela. Tu t'es Éveillée tardivement, mais tu étais talentueuse comme mage. Tu vivais pleinement ta liberté, loin de ton quotidien morbide et malade sur Terre. Tu assistas à la construction de la fontaine de Babylon. Tu entendis parler du Livre, du principe de cristallisation de l'âme. C'étaient tes beaux jours.

Et puis la maladie t'avait rattrapée. Sur Terre, dans ton autre réalité, auprès de ton autre famille, c'était l'épidémie. Le drap noir du deuil était tombé sur toi la nuit où ta jeune soeur poussa son dernier soupir, victime de l'épidémie de tuberculose qui avait frappé les tiens. Un pan de ta vie s'écroulait, et tu savais que le reste suivrait ; toi aussi, tu étais malade. La fièvre qui persiste et ne s'en va pas, la toux qui te faisait cracher ton sang. Tu savais comment ça se passait. Et tu ne voulais pas en finir comme ça.

Alors tu avais prié toute la nuit, et tu avais finalement pris la décision la plus folle, et certainement la plus dure, de ta jeune vie. Quand ils avaient voulu enlever le corps de ta soeur, tu t'étais ruée sur elle. Et tu avais Sauté, en l'emportant avec toi. Le spectacle de ton arrivée, avec ce corps ravagé par la maladie dans les bras, avec causé bien des émois. Mais tu n'avais guère eu le temps de leur expliquer. Tu avais couru chercher l'Ancien qui s'était occupé du Livre ; lui, il pourrait te venir en aide. Tu ne voulais pas mourir, Lev. Il devait bien y avoir quelque chose encore que tu pouvais accomplir.

Il t'avait d'abord prise pour une folle. Puis il avait lu, derrière la peur, la détermination de ton regard. Tu voulais sauver ton âme. Et tu ne voulais pas devenir un Livre, dépendant des autres. Tu avais un corps — celui de ta soeur. Comme ça, une part d'elle resterait à jamais avec toi. Alors avait commencé la véritable horreur. Tu n'avais que peu de temps pour te décider, et tu avais tant à faire. Il fallait un socle stable, limité et durable pour y fixer ta nouvelle âme, et votre choix se porta sur une pierre. Cette même pierre qui serait alors engloutie par ton nouveau corps, pour t'en assurer le plein contrôle. Mais tu voulais plus. Tu ne voulais pas vivre pour vivre, il te fallait un but, et tu n'avais pas assez de temps pour y songer. Alors, inspirée par la toute nouvelle fontaine de Babylon, tu décidas toi aussi de veiller sur la ville, de veiller à ce que cette eau, mais aussi les rues, restent saines au fil des années. Tu t'inspiras de la pierre qui serait bientôt dans ton estomac, pour les siècles des siècles, et choisis des capacités que l'Ancien devait inscrire dans ton existence au moment de la cristallisation. Tu te destinais à l'éternité, Lev, mais l'éternité est retorse, et les remords sont lourds à porter. Une éternité sans souvenirs — sans réponses, en somme — te paraissait insoutenable. Mais toute ta mémoire n'était pas bonne à prendre avec toi. Tu choisis alors quoi laisser derrière toi. Comme le choix de ton propre sort, dont tu ne voulais pas demeurer la cause ; tu avais trop peur de finir par te détester. Tu hésitas à céder les souvenirs de ta soeur, car tu y tenais bien trop. Mais combien de temps supporterais-tu d'avoir misé ta survie sur son corps ? Alors, plutôt que d'oublier qui elle était, tu décidas d'oublier à jamais que ta nouvelle vie se ferait dans ce corps qui avait pris la sienne — dans son corps. Tu décidas d'en modifier les traits, de changer qui tu devenais. Peut-être cherchais-tu à te punir au passage de l'affront que tu lui faisais en survivant à ce qui l'avait emportée, car c'est une apparence immonde que tu décidas d'adopter. Peut-être aussi espérais-tu qu'elle t'aiderait à supporter la tâche que tu t'étais trouvée. À t'en satisfaire, sans chercher à t'en dérober.

Tes choix étaient peut-être hâtifs ; mais ils étaient définitifs.

Et quand tout fut décidé, l'Ancien se mit à la tâche. Il cristallisa une copie presque complète de ton âme sur la pierre que vous aviez désignée, et en fit un talisman qui te protègerait. Puis il fit glisser la pierre dans la gorge de ce qui avait été ta soeur, et ce fut comme si tu naissais pour la deuxième fois, en prenant possession de ton nouveau corps. Il te fallut quelques instants pour t'y habituer, et embrasser ta nouvelle vie.






De Lev, tu es devenue Leviathan. C'est le nom de ta deuxième naissance. Depuis quelques siècles, tu nettoies les rues de Babylon et tu en manges les déchets. Cette pierre dans ton estomac — ton âme — te permet de digérer n'importe quoi, et récupère dans ce que tu manges tout ce qu'elle est capable de recycler pour réparer ton corps, et te maintenir en vie. Si tu étais tout d'abord très fière de ta tâche, de ta contribution à la préservation de cette ville que tu aimais tant et que tu voyais s'étendre petit à petit, le temps éroda peu à peu ton enthousiasme. Aujourd'hui, tu es désabusée et nauséeuse. Tu continues parce que tu n'as rien d'autre, que tu ne vis plus que pour ça, et qu'il en sera toujours ainsi. Mais au fond, tu n'y crois plus vraiment. Tu t'es gâtée avec le temps, Leviathan. Tu t'es viciée, à l'image de ce corps répugnant que tu t'es donné. Mais ça, tu l'as oublié. Tu ne sais plus à qui tu dois cette nouvelle vie de labeur. Et c'est probablement mieux comme ça. Qui que ce soit, tu t'imagines un responsable à ta misère, et tu le maudis jour et nuit ; tu te maudis déjà bien assez par ailleurs pour ne pas te rajouter ça. Rien ne t'écoeure plus que toi-même. Trash, c'est comme ça que l'on te surnomme parfois. Tu ne trouveras probablement jamais de nom plus approprié que celui-là. On ne sait pas trop quel âge te donner. Tu as l'air d'une gamine de quatorze ans, mais ton language et tes attitudes détonnent. Plus personne ne sait exactement depuis combien de temps tu es là. Tu déambules dans les rues de Babylon, et tu t'y es es faite une place. Tu ramasses et disposes des déchets du genre humain, tu t'en nourris littéralement. Les ordures t'imprègnent et t'écoeurent autant qu'elles te réconfortent — tu t'es prise d'affection pour le moche et le sale, les choses brisées, viciées, pourries de l'intérieur, comme toi. Elles te font te sentir moins seule. Parfois, même, tu te sens supérieure. Moins bête. Moins sale. Moins laide. Tu te loves dans la misère des autres et tu t'en flattes ; et tu hais les gens heureux, et l'insouciance, avec passion. Tout ce qui peut te rappeler la vie d'autan que tu as perdue, et dont le souvenir même t'échappe un peu plus chaque année. Il n'y a pas de bonheur pour les êtres comme toi. Et même si tu le trouvais, c'est certain qu'il t'écoeurerait. Tu t'es condamnée à être une éternelle insatisfaite.

Mais grâce à ta laideur, les rues de Babylon sont propres et belles.




alcyone // sully, diraxy, charlotte, may, raphaëlle, lisandra
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Messages : 140
Age : 23
Date d'inscription : 07/02/2015
Éveillé






Mer 27 Avr - 15:42

Bon, ça a pris du temps mais nous y voilà enfin ♥ Vu que tout est bon, je te valide ♥
(ça tombe bien, avec tous ces Piedpoulets, Babylon a sérieusement besoin d'être nettoyée.)

Bienvenue à Avalon

Bravo, ta présentation est validée ! Tu peux désormais te lancer sans retenue dans l'exploration d'Avalon. Commence par aller recenser ton avatar et, si tu le souhaites, l'occupation et les compétences de ton personnage.

Une fois que c'est fait, commence par faire le tour de la section de gestion des personnages : tu pourras y créer ta fiche de relations, ta fiche de RP, et la fiche d'évolution de ton personnage.

Si ton personnage est un pensionnaire de l'Orphelinat, poste dans le listing des chambres pour qu'on lui attribue une chambre ; s'il habite à Babylon même, n'hésite pas à venir compléter notre liste des habitations (inrp, tu peux demander un logement à l'Office du Tourisme ou au Quartier Général, ou bien en trouver un par toi-même et t'y installer arbitrairement); et s'il habite sur Terre, tu peux venir compléter le listing des résidences sur Terre. Enfin, si ton personnage est un commerçant établi à Babylon, viens le recenser dans la liste des échoppes du Quartier Commerçant.

_________________
luca emilio aldena
You don't get what all this is about
You're too wrapped up in your self doubt

admin
Voir le profil de l'utilisateur
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Escapism :: IDENTIFICATION :: Dossiers d'Avalon :: Préfaces-