Les animaux ne sont pas de l'argent [PV : Erika]
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Mar 9 Fév - 21:23

Sac, prêt. Porte-monnaie, prêt. Chaussures, prêtes. Cheveux, prêts. Vêtements, prêts. Marcus derrière la caisse pour s’occupé de la boutique pendant son absence, prêt.

« Tu vas faire le marché, pas un commando.
- Du pareil au même.
- Hum hum … »

Pourquoi il avait cet échange ? C’était toujours pareil de toute façon. Toujours les même mots. La même routine. Le même éclat de rire des deux zigotos une fois leur mini scène fini. Comme quoi les petites habitudes avait leur côté attachant tout de même. Partir au marché sans cela n’aurais pas le même effet. Le sourire aux lèvres, un paquet de mikado dans une main, son sac dans l’autre, Urielle embrassa rapidement la joue de son frère avant de s’élancer le cœur de Babylon. Enfin plus exactement dans le quartier Est, direction le marché couvert.

On lui avait assuré qu’une livraison de tissus de toute beauté était entreposée là-bas. On lui avait aussi dit que le vendeur sentait le poisson et ressemblait à un crapaud, mais ça tout le monde s’en fiche. Surtout elle en tout cas. Il aurait pu avoir trois cornes sur la tête, les cheveux arc-en-ciel ou autre que ça n’en aurait rien changé. Seul son tissu comptait. Enfin il fallait tout de même espère que son odeur n’est pas pris sur les étoffe. Comment pouvait-on sentir le poisson constamment en plus ? Sur cette magnifique existentiel ses pas arrivèrent à destination.

Elle fureta à droite, à gauche, un peu le nez en l’air. Trouva même au bout du compte le vendeur qu’on lui avait conseillé, mais rien de son étale ne fit battre son petit cœur plus rapidement ; C’était joli, de bonne qualité, mais rien qu’elle n’avait pas déjà en stock chez elle. Avec un sourire désolé Urielle continua sa route un peu déçus, mais les yeux toujours à la recherche d’une perle rare. D’une étincelle magique. De cette flamme qui donnait envie d’avoir des ailes. Ce coup de foudre. Ce … CE TRUC LA ! Ce qui venait de le toucher là tout de suite en regardant cette étale-là !

« HIIIIII ! »

Voici le cis d’un fan gril devant son idole. Voici Urielle face à sa recherche tant désiré. Elle ne l’avait pas encore entre les doigts, mais elle était certaine de son coup. Ça c’était un lainage de qualité avec une couleur vraiment agréable en prime. Ses doigts avec assurance passèrent sur l’étoffe, la tâtèrent et elle fut encore plus heureuse de sa découverte. Pas que cela super rare à trouver, mais c’était toujours tellement agréable de trouver cette qualité de tissus. Il y avait même un peu d’élasthanne dans l’étoffe pour que ça soit très bien pour faire des vêtements dedans. La couleur bleu-Roy en plus était une qu’elle n’avait pas en lainage. Ses clients seraient vraiment ravis d’avoir ce choix de tissu. Le sourire aux lèvres, elle demanda joyeusement au vendeur le prix… et là le sourire fana.

« Comment cela vous souhaitez deux vaches, quatre moutons et un chiot pour vos vingt mètres de tissus ?
- Bha oui ma p’tite dame, chez moi c’est avec ça qu’on vit. »

Et après cet homme se demandait franchement de comment cela se faisait qu’il n’avait pas de vente ? Franchement ? Comment voulait-il qu’elle est cela avec elle ? Elle avait un simple porte-monnaie, pas une ferme. Même Leroy n’aurais pas pu l’aider pour le coup.

« Il me faut absolument ce tissu-là.
- Il me faut absolument des bêtes.
- Mais vous ne pourriez pas en acheter avec l’argent que je vous donnerais ?
- Mais vous ne pourriez pas l’acheter pour moi et vous aurez votre tissu après ? »

C’était une blague, c’est ça ? D’accord ce vendeur avec un physique d’acteur de cinéma pour minette en chaleur, mais était aussi abrutit qu’une table en bois. Quoi que la table en bois était utile elle au moins. Avec un profond soupir et après c’être frapper le visage Urielle repris une forte inspiration prête à marchander avec le vendeur récalcitrant. Elle l’aurait son magnifique tissus et à moins cher que le nombre de bestiole que voulais l’abrutit fini.
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Mer 24 Fév - 11:36

Bruyant,  bouillonnant et mouvementé, le Quartier Est de Babylon, comme à son habitude, étouffait presque d’activité. Il aurait été impossible de compter le nombre de personnes présentes au marché, car ce nombre variait constamment au rythme des interminables allées et venues des passants et des commerçants. Il n’était pas rare de tourner la tête pendant quelques minutes pour ensuite voir que l’étal qu’on avait en ligne de mire un peu plus tôt avait déjà changé de propriétaire et de marchandise. Mais c’était ce perpétuel changement qui rendait cette partie de Babylon si unique et si populaire auprès des jeunes de la ville, la recherche de l’affaire à ne pas louper n’était qu’une attraction de plus.

Loin de partager le même enthousiasme que les nombreux adolescents qui courraient autour d’elle, Erika traversait le marché en regardant calmement autour d’elle. Quelques minutes plus tôt, la petite  s’était rendue dans une des bibliothèques de Babylon afin de rendre quelques livres qu’elle avait empruntés quelques jours plus tôt.  Elle avait constaté que si une partie du répertoire d’Avalon était similaire à celui de son monde d’origine, un nombre incalculable de livres dont elle n’avait jamais entendu parler siégeaient sur les étagères. Erika en avait choisi quelque uns au hasard afin de se faire une idée du niveau avalonien en matière d’écriture, mais elle constata vite que ce dernier n’était pas si différent de celui qu’elle connaissait déjà.

C’est donc légèrement déçue qu’elle était allée rendre les bouquins, et avait décidé de ne pas en emprunter d’autre pour le moment. Ce n’était pas qu’elle avait détesté ce qu’elle avait lu, mais plutôt que les histoires qu’elle venait de lire ne contenaient rien qui aurait pu constituer une expérience nouvelle pour elle. Les nombreux livres qu’elle avait lus dans son ancienne maison lui avaient suffi, et les livres disponibles à l’Orphelinat offraient déjà suffisamment de nouvelles connaissances pour l’occuper pendant un moment. Elle s’était ensuite dirigée vers la Grand Place dans le but de faire une pause avant de rentrer à l’Orphelinat, car le Quartier Est n’était pas exactement le meilleur endroit pour se poser et attendre calmement que le temps passe.

Cependant, la rue qu’elle avait parcouru pour arriver jusqu’à la bibliothèque était à présent bloquée par un convoi renversé. Un tel évènement aurait pu facilement être résolu dans des circonstances normales, mais cet évènement avait eu lieu dans le Quartier Est, où l’affluence générale était bien plus haute que la moyenne. Par conséquent, une masse de passants s’était formée en à peine quelques minutes, et du point de vue de la petite fille, cette masse s’apparentait à une avalanche prête à l’engloutir toute crue. Elle aurait pu patienter ou essayer de se faufiler à travers la foule, mais elle avait plutôt décidé de faire un détour par le marché de Babylon qui était, relativement parlant, moins encombré que ne l’était cette rue.

Par conséquent, Erika ne prêtait pas grande attention aux nombreux étals qui s’étendaient autour d’elle, et se contentait d’avancer droit devant elle jusqu’à atteindre la Grand Place. Circuler dans le marché n’était normalement pas une tâche aisée, mais comme Erika se concentrait sur la circulation de celui-ci, elle parvenait à se faufiler entre les gens sans trop de peine. Elle allait parvenir à atteindre l’autre bout du marché, mais un cri strident retentit près d’elle, interrompant sa marche tout en lui faisant légèrement écarquiller les yeux.

- HIIIIII !

Ses yeux se tournèrent instantanément vers la source de ce hurlement, qui provenait du stand placé juste à côté d’elle. Plus précisément, il provenait d’une jeune fille qui semblait être en admiration devant ce même stand, et le marchand semblait aussi avoir été surpris par un tel enthousiasme. Cette surprise fut ensuite remplacée par un simple sourire neutre, comme tout marchand sait arborer en face des clients intéressés. Cependant, ce sourire avait quelque chose de faux, quelque chose d’hypocrite. Ce sourire ne plaisait pas du tout à Erika. Elle se souvenait avoir déjà vu ce genre de sourire au cours de ces dernières années, lorsque son père recevait des invités qui avaient, de toute évidence, une idée derrière la tête. Etrangement, la petite n’avait que rarement revu ces invités repartir de chez elle, mais elle n’avait de toutes façons jamais eu le droit d’assister aux réunions de son père.

Ecartant ces souvenirs, Erika décida de s’approcher un peu du stand, par curiosité. Qu’est-ce qui avait bien pu provoquer une telle réaction chez cette fille dont le sourire ne faiblissait pas ? Sans se faire remarquer, Erika se pencha légèrement pour voir ce que la cliente était en train de tenir. Il s’agissait d’un tissu bleu, qui semblait complètement ordinaire aux yeux d’Erika, mais qui avait l’air d’être comme un joyau au milieu de cailloux aux yeux de l’autre fille. Sans changer d’expression, Erika se dit que cette fille venait de faire une première erreur, elle venait de montrer qu’elle ne pouvait pas se permettre de passer à côté d’un tissu pareil. Maintenant, le marchand pourrait lui demander le prix qu’il voulait, il aurait l’avantage en marchandant. Sa seconde erreur était de ne pas avoir jeté un œil au marchand, qui souriait maintenant comme si l’affaire du siècle lui était tombée dans les bras.

Observant la situation, la fillette constata que son intuition avait été la bonne. Le prix exorbitant que le marchand demandait était probablement à la hauteur de l’envie que sa cliente avait laissé ressentir, et Erika savait que marchander avec un tel désavantage ne mènerait pas à grand-chose. Elle allait continuer sa route sans se poser plus de questions, mais son regard tomba à nouveau sur le tissu que le marchand venait d’agripper en main, comme pour montrer qu’il n’avait pas l’intention de le laisser aussi facilement. Le tissu n’avait pas l’air d’avoir quoi que ce soit de remarquable, du moins aux yeux d’Erika. On aurait dit un tissu banal, trouvable dans n’importe quelle boutique, malgré sa couleur profonde. Erika se demandait ce que cette fille pouvait avoir l’intention de faire avec un tissu de ce genre, elle se demandait même à quoi pourrait ressembler le résultat. Elle n’était pas en manque d’imagination, mais elle peinait à voir ce qu’il était possible de faire avec une étoffe aussi banale.

Après quelques secondes de réflexion, la jeune italienne s’approcha un peu plus, posa la main sur le tissu et commença à le tâter légèrement. Le marchand pris un air à nouveau surpris en la remarquant, elle n’avait fait aucun bruit et semblait être apparue de nulle part. Il n’avait pas l’air de savoir si il devait la considérer comme une nouvelle cliente, ou comme une simple gamine qui passait par là. Erika profita de cette confusion au maximum, et se saisit du tissu pour l’observer de plus près, avant de porter son regard sur le vendeur. L’expression de la petite était toujours passive, mais l’éclat de son regard  changea légèrement, devenant légèrement agressif, presque accusateur. La surprise du marchand n’en fut que plus grande, et elle ne fit que s’agrandir devant les mots que la fillette prononça.

- Monsieur le marchand, j’ai le regret de vous dire que le tissu que vous essayez actuellement de vendre est un faux.

D’une politesse absolue, elle accompagna ses mots d’un très faible sourire, suffisant pour appuyer son assurance. Le marchand balbutia quelques mots en effectuant un pas en arrière, mais il était trop surpris pour pouvoir prononcer quoi que ce soit. Erika décida de continuer sur sa lancée.

- Oh, il y a des chances pour que vous ne l’ayez pas remarqué, la confusion est très facile avec ce genre de tissu. Heureusement pour vous, il se trouve que j’ai appris à éviter ce genre d’erreur, qui est devenue très commune aujourd’hui.

Sa voix était calme et assurée, et quiconque l’aurait écoutée aurait eu du mal à décerner une seule trace de mensonge dans ses accusations. Pour le marchand, cette cliente disait vrai et une goutte de sueur se forma sur son front. Erika avait un peu de mal à tenir une conversation normale avec quelqu’un d’autre sur un pied d’égalité, mais elle n’avait aucun problème pour gérer une discussion à sens unique comme celle-ci. Il suffisait de saisir son avantage et de rester agressif jusqu’à ce que l’adversaire craque, et être capable d’une telle chose était naturel chez la famille d’Erika. Cette assurance lui permettait actuellement de tenir le marchand en échec, mais elle décida que le temps d’en finir était arrivé.

- Si vous voulez mon avis, vous feriez mieux de vous débarrasser de ce tissu. Ce serait problématique que quelqu’un d’autre que moi remarque que la qualité d’une partie de votre marchandise est douteuse, et il serait dommage la garde s’intéresse de plus près à votre étal...

Erika vit que quelques passants s’étaient arrêtés dans leur marche pour s’intéresser à ce qu’elle venait de dire. Des murmures retentissaient maintenant autour d’elle, et ces derniers laissaient transparaitre leurs doutes sur la crédibilité du vendeur. De toute évidence, celui-ci ne possédait pas l’expérience suffisante en broderie pour savoir si ce qu’il vendait était d’une qualité acceptable ou non, car celui-ci n’arrivait pas à trouver quoi que ce soit à répliquer et commençait à regarder autour de lui d’un air paniqué. Erika devait aussi avoir vu juste en parlant de la qualité de sa marchandise, car une telle panique n’aurait pas pu être justifiée par une simple erreur de tissu.

Après un court instant de flottement, le marchand finit par grogner en lâchant le tissu, laissant Erika le récupérer, avant de se retourner vivement pour aller ranger sa marchandise dans des cartons. Manifestement, sa journée venait de se terminer. La fillette se demanda si elle y était allée un peu fort, mais elle rejeta cette idée en se souvenant du prix que le marchand avait prononcé quelques minutes plus avant. A ce stade-là, il avait tendu le bâton pour se faire battre.

Toujours arborant son expression passive, Erika se tourna vers la jeune fille qui se tenait encore à ses côtés et lui tendit silencieusement le tissu qu’elle convoitait tant quelques minutes plus tôt. La jeune italienne n’avait pas vraiment réfléchi à la suite des évènements, mais le tissu n’était pas son but original, et elle n’avait aucune intention de le conserver.
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