l'arrivée des chasseurs (ft. luca & kaerae)
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Sam 6 Fév - 0:28

Faster, Bambi! Don't look back! Keep running! Keep running!

C'était une scène étrange qui s'offrait à la jeune fille aux cheveux verts. Ces deux adolescents en train de pleurer comme des enfants dans la pénombre, de grosses larmes dévalant sans répis leurs joues rougies, assis sur le bord du lit défait, l'un emmitouflé sous une couverture en serrant une peluche de toutes ses forces, tandis que le deuxième, affolé, tentait de le réconforter. Devant eux se tenait une chaise, sur laquelle ils avaient posé un ordinateur. Le moins tétanisé des deux tourna un regard désespéré en direction de la jeune fille et redoubla de larmes en s'écria d'une voix tremblotante :

« Kaeeeee aide-moi je sais pas quoi faireeee...! »


★  ★  ★


Comment avait-il cru que ce serait une bonne idée ? C'était parti d'une bonne attention, pourtant. Comme toujours. Il était peut-être encore un peu trop naïf. Et l'Italien était peut-être un peu trop sensible.

C'était une pluvieuve matinée de mars, vers 11h, alors que Sully et Luca sortaient de leur unique cours de la journée. Et tandis qu'ils discutaient de la découverte des Amériques par les colons espagnols et que Sully se mettait à mentionner Pocahontas avec enthousiasme, son ami lui confia qu'il n'avait jamais regardé de Walt Disney. Il n'en fallut pas plus au jeune Irlandais, choqué, pour décréter que le reste de la journée se transformerait en cinéclub pour refaire la culture animée de l'Italien.

Ils regagnèrent donc leur chambre dans les dortoirs de l'Orphelinat, déposèrent leurs affaires de cours, et installèrent le lit de Luca confortablement, avec des couvertures, des coussins et des peluches, avant d'installer l'ordinateur de Sully sur une chaise face au lit en question. Parfait ! Sully demanda à Luca d'aller tirer les volets et ouvrit son ordinateur pour aller y chercher son précieux dossier rempli des « classiques d'animation Disney ». Après quelques instants d'hésitation, il choisit finalement de commencer par l'un des plus mythiques de la série, et le premier que ses parents lui avaient lui-même fait voir quand il était petit : Bambi. Un petit joyau de sensibilité.

Peut-être un peu trop de sensibilité, à vrai dire.

Tout commençait bien : Luca fit la connaissance de Bambi et de Panpan, le petit lapin gris (dont Sully avait justement une peluche, si vieille qu'elle perdait ses poils à certains endroits). Le petit faon nouveau né découvrait peu à peu, au hasard de ses promenades, mille et une choses qui étaient pour lui autant de sources d'émerveillement. De l'été à l'automne, il découvrit ainsi les saisons une à une et affronta, pour la toute première fois, l'hiver. Sully chanta en coeur la chanson de la pluie, clap, clip, clap, petite pluie d'avril, tombe du ciel en jolis diamants.

Puis, tandis que le printemps approche, arrive la scène fatidique. Et Sully, tout à l'excitation de partager les films de son enfance avec son meilleur ami, ne percute que trop tard. Il connaît le film par coeur, et voit au-delà du propos lui-même, les souvenirs des multiples visionnages, les variations musicales, la beauté d'un éclairage... Et c'est quelques instants à peine avant que ne retentisse le premier coup de feu qu'il réalise vraiment ce qui est sur le point d'arriver. Mais la machine est en marche et il n'a pas le temps de réagir que, déjà, éclate le deuxième. Et, à l'image de Bambi qui comprend peu à peu ce qu'il vient de se passer, Sully regarde avec horreur le visage de son colocataire se décomposer. D'abord livide, puis se fendant d'une grimace, jusqu'à ce qu'enfin surviennent les larmes ; et là, tout s'écroule. Les larmes qui coulent, les gros sanglots qui secouent ses frèles épaules, ses bras qui viennent enserrer ses genoux, agrippant le tissu du pantalon, tandis que l'adolescent se recroqueville sur lui-même, caché dans le duvet, sans pouvoir s'arrêter de pleurer.

Sully savait, pourtant. Ils n'en avaient jamais parlé. Mais il y avaient eu les cauchemars, les cris et les pleurs au milieu de la nuit, qui ne se calmaient que quand il venait dans le lit du rouquin pour le serrer contre lui en murmurant des paroles rassurantes, après de longues minutes. Et, surtout, il y avait ce fichu Pouvoir. Ces câbles qui s'aggripaient à l'Italien, qui allaient fureter dans sa tête pour tout lui rapporter, malgré lui. Les souvenirs étaient vifs, saisissants. La voiture, la montagne, l'accident. L'hôpital. Ils revenaient tous en cet instant, portés à la surface du flot de larmes, et Sully se mordait la langue en silence en assistant, impuissant, au drame étranger qui se déroulait dans son propre esprit. Il tenta de poser une main chaleureuse sur l'épaule de son ami, de lui parler doucement ; mais rien n'y faisait. Luca n'écoutait pas. Il était inconsolable. Pire, il était mortifié, écrasé par la culpabilité. Alors Sully sentit les larmes lui monter aux yeux, lui aussi, et se mit à pleurer en partageant la douleur de son ami.

Comment avait-il pu faire une telle bêtise.

C'est alors que la porte de la chambre s'ouvrit et que Kaerae débarqua avec sa bonne humeur habituelle, avant de s'immobiliser devant le spectacle qui s'offrait à elle. Sully leva son nez reniflant vers elle et l'implora du regard.

« Kaeeeeeeeee... »





sorry not sorry:
 


jeudi ; 11 mars 2010
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Dim 20 Mar - 15:20

Un fredonnement joyeux se faisait entendre dans les couloirs de l’Orphelinat Underwood, au rythme des pas enjoués d’une certaine jeune fille aux cheveux verts. Cette dernière se dirigeait vers le deuxième étage du bâtiment, là où se trouvait sa chambre, afin de se débarrasser de ses affaires en attendant les cours de l’après-midi. Portant son habituel sourire aux lèvres, Kaerae aurait probablement pu illuminer Avalon tout entier si sa bonne humeur avait émis de la lumière, ou elle aurait pu rendre aveugle toute la population, au choix.

La jeune fille avait passé une excellente matinée, depuis son réveil à base de gazouillement d’oiseaux dix minutes avant que son réveille ne sonne, lui permettant de se lever en douceur plutôt qu’avec une sonnerie brutale, suivi du temps parfait qui avait accompagné sa gymnastique matinale, faisant démarrer sa journée sur les chapeaux de roue. Pour finir cette matinée, les cours qui avaient suivi n’avaient pas été un problème pour Kaerae qui était bien réveillée et presque motivée pour travailler. En plus, il s’agissait de cours de langues étrangères, qui étaient parmi les cours les plus intéressants que l’Orphelinat pouvait offrir. Ceci était probablement en grande partie dû au professeur présentant ces cours de langue, Monsieur Rivera, qui savait conquérir le cœur de ses élèves (et notamment des filles, malgré lui) à l’aide de son attitude joyeuse et de sa gentillesse. Il aurait été difficile de voir un seul élève rechigner à l’idée d’assister à l’un de ses cours, et Kaerae faisait certainement partie des élèves les plus heureux d’y assister.

Par conséquent, l’humeur de la jeune fille aurait difficilement pu être plus haute qu’en ce moment-même, et elle attendait les cours de l’après-midi d’un pied ferme. Poussant gentiment la porte de sa chambre, elle jeta son sac sur son lit avant de s’étirer légèrement. Comme elle était restée assise pendant plus de deux heures, ses jambes s’étaient légèrement raidies, et les échauffer était presque un soulagement pour Kaerae. Elle se dit qu’aller se balader un peu avant d’aller retrouver ses camarades serait une bonne idée afin de prendre un peu l’air, ou elle pourrait juste courir à travers l’Orphelinat pendant quelques minutes. On lui avait dit plusieurs fois que courir dans les couloirs était interdit, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de le faire, c’était trop amusant.

Dans tous les cas, y réfléchir trop longtemps ne servirait à rien. Sans attendre d’avoir pris une décision, elle sortit de sa chambre puis se dirigea dans la direction opposée aux escaliers les plus proches. Ce n’était pas une erreur de sa part, car il y avait un autre endroit qu’elle avait l’intention de visiter avant de retourner vaquer à ses occupations, et cet endroit se trouvait au même étage, non loin de sa propre chambre. Quelques secondes plus tard, elle toqua brièvement à une autre porte, avant de l’ouvrir sans attendre de réponse. Toujours avec un grand sourire, elle fit un coucou de la main avant même que la porte ait finie de s’ouvrir.

- Coucou Sullyyyyy, Lucaaaa- haaah ?!

L’intrusion de la jeune fille s’interrompit aussi brusquement qu’elle avait démarré. La vision qu’elle avait devant elle n’était certainement pas celle à laquelle elle s’était attendue, et elle était presque désemparée par le brusque changement d’atmosphère qu’elle venait de subir. Deux âmes brisées de trouvaient devant elle, âmes dont la peine pouvait se ressentir jusqu’au plus profond du cœur de la jeune fille. Quiconque aurait pénétré dans cette pièce aurait été assailli par des sentiments de tristesse et de détresse avant de fondre en larmes à leur tour, car en ce moment-même, il n’y avait probablement rien de plus malheureux que la vision de ces deux bouts de chou en train de pleurer toutes les larmes de leur corps.

Restant quelques secondes immobile, Kaerae secoua la tête avant de reprendre ses esprits. La situation était grave, mais elle ne pouvait pas rester sans rien faire, ou elle risquait d’être inondée par les larmes des deux garçons avant d’avoir pu faire quoi que ce soit. Elle tenta d’analyser la situation en gardant son calme afin de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Les deux adolescents étaient assis sur le lit de Luca, qui était presque enseveli sous sa couverture, tandis que Sully était à côté de lui, dans un état à peine meilleur que celui de son ami. Devant eux se trouvait un ordinateur, et c’est là que Kaerae compris ce qui s’était passé. Probablement avec les meilleures intentions du monde, l’un des deux garçons avait dû vouloir regarder un film Disney, et de tous les films qu’ils auraient pu choisir, ils avaient choisi de regarder Bambi.

Kaerae fit une légère grimace en imaginant ce que le pauvre Luca avait dû subir en regardant le début de ce classique Disney, et ne put s’empêcher de penser que Sully aurait mieux fait de choisir un film moins brutal, comme Peter Pan ou Les Aristochats. Prenant une légère inspiration, la jeune fille commença enfin à réagir en se dirigeant vers les deux garçons. Regretter ce qui s’était passé ne servirait à rien, c’était maintenant à elle de se montrer forte pour le bien de ses deux amis. Elle n’avait pas vraiment de plan, et laissa donc son instinct la faire agir à sa place. Refermant lentement l’écran de l’ordinateur pour arrêter la lecture du film, elle se posa ensuite devant les deux garçons. Elle s’agenouilla pour se retrouver à leur hauteur, puis écarta les bras avant de les refermer sur Sully et Luca.

Les voir ainsi dévastés était très douloureux, et pour tout avouer, Kaerae sentait presque les larmes lui venir aussi. Serrer les deux adolescents contre elle lui faisait sentir leurs sanglots et ça en devenait très dur de garder son calme. Cependant, la jeune fille écarta ces pensées du mieux qu’elle le pu. Elle ne pouvait pas se permettre de craquer, ou elle n’arriverait jamais pas à consoler ses deux amis. Rassemblant des pensées heureuses pour lui permettre de sourire, elle essaya de se montrer rassurante en serra Sully et Luca encore plus fort contre elle.

- Ca va aller, ça va aller…

Murmurant ces mots un peu aussi pour elle, Kaerae espérait que les deux garçons se calment avant de penser à la suite. Elle ne pourrait pas en faire beaucoup plus tant que Sully et Luca sangloteraient encore.
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