встре́ча | ft. may
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Mar 19 Jan - 21:11


Le samedi, alias l'obligation : le jour où il trime comme le plus lambda des êtres humains; mais le jour crucial a pour cette fois l'arrière-goût d'aventure. Là où d'habitude il se retrouve à vendre au comptoir, le voici à déambuler entre deux étals, à faire fureter son regard dans tous les recoins. L'objectif n'a rien d'insurmontable : deux-cent grammes de tomates et un kilo de patates douces, à tel point que tout le monde pourrait s'en charger. Certes, c'est l'occasion en or pour soutirer des informations, pour en savoir plus sur toute cette populace gorgée d'histoires. Alors, il marche sans trop savoir ou chercher : de grâce, il repère sans mal la marchandise d'un vendeur de fruits et légumes. Il s'approche à portée de voix, jusqu'à percevoir la silhouette atypique du primeur : le bougre manque d'une jambe et d'un œil, mais s'affaire comme un forcené.

Bonjour. Votre jambe et votre œil, comment vous les avez perdus ? Il questionne du tac au tac, sans arrivée en grandes pompes ou quelconque vergogne. Plus qu'une formalité, ce n'est qu'une curiosité parmi d'autres.

Bienv.. Il stoppe un instant. On peut dire que vous n'y allez pas par quatre chemins. Bah ! L’œil, c'était une bêtise. Quant à la jambe, ça vient de la plus grande dionée écarlate que j'ai pu rencontrer jusqu'ici ! Elle m'a ripaillé la jambe comme une baguette de pain, je m'en suis sorti grâce à un ami. Il éclate d'un rire gras.

C'est invraisemblable.

N'est-ce pas ? Après, de là à dire que c'est un mensonge.. Enfin ! Je peux quelque chose pour vous ?

Oui. Il opine du chef. Un instant, j'ai une liste dans ma poche. Il se retourne brusquement, jusqu'à apercevoir beaucoup trop tard une silhouette dans son élan. Une silhouette féminine.


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Sam 23 Jan - 23:23

Why not let me come along

Elle gambade entre les étals du marché couvert, au milieu de ce grand patchwork de tôles et de toiles de couleur, au milieu du brouhaha des marchands qui houspillaient la clientèle, des cris et des éclats de rire des badauds, des questions des clients. Elle aimait l'atmosphère du lieu, et elle venait souvent s'y promener depuis qu'elle l'avait découvert. Elle aimait se retrouver dans cette foule en perpétuel mouvement. Tout ici était éphémère. Les stands changeaient sans cesse : de place, de propriétaire. Certains venaient ouvrir un étal pour la journée, d'autres revenaient de façon fréquente, même si souvent irrégulière, au fur et à mesure que leurs stocks se constituaient. On trouvait de tout, au marché couvert de Babylon. Véritable Byzance des affaires, braderie géante aux couleurs de souk arabisant. Tout pouvait s'y vendre et s'y acheter, s'échanger, se marchander, contre un service ou un bien quelconque.

Mais May ne s'intéressait pas autant aux biens qu'à ceux qui les géraients. On trouve de tout au marché couvert de Babylon. De tout, et surtout de tout le monde. Et May dévorait la foule du regard, insatiable, à la recherche des témoins de la condition humaine. Son regard papillonnait de l'un à l'autre, elle regardait, et elle imaginait. Elle imaginait leurs histoires, interprétait chaque geste, chaque habit. Elle cherchait les failles, les faiblesses, les défauts dans les visages qu'elle croisait. Elle était avide d'histoires ; elle avait comme un vide à combler, May.

Au détour d'une allée, elle reconnut de loin la toile rose — un rouge, autrefois écarlate, aujourd'hui décoloré — de ce primeur qui revenait souvent, et avec qui elle aimait bien discuter. Elle pouvait rester des heures assise sur un cageot de patates à l'écouter raconter ses histoires aux clients. Alors elle pressa le pas en sautillant pour aller à sa rencontre. Et dans son enthousiasme précipité, elle glisse sur quelques noix qui traînaient par terre, perd l'équilibre, et tombe en catastrophe sur le dos d'un inconnu qui n'a que le temps de tourner la tête vers elle.

Et alors qu'elle chute, elle se met à crier. Et le hurlement résonne dans tout le bazar, comme retransmis par des hauts-parleurs.

L'adolescente s'empourpre violemment et se mord la langue alors qu'elle se recampe fermement sur ses deux jambes. Les regards se sont tournés vers elle, et d'aucuns expliquent en ricannant à leur voisin :

« C'est Mayday. »

Alors elle relève le menton avec dédain, et fait quelques pas vers le vendeur, tandis que le marché se replonge peu à peu dans son effervescence.

« Alors May, on perd pied ? Faudrait quand même que t'arrives à désactiver ton alarme, un jour. J'suis déjà borgne, j'voudrais pas en plus devenir sourd. »

Elle lance un regard blasé à son interlocuteur, avant de s'intéresser à celui à qui elle venait de se raccrocher.

« C'est un client ? » s'enquiert-elle en ignorant complètement la remarque précédente de l'estropié. Elle refait un pas en direction du brun, et se met à l'inspecter sous toutes les coutures. Elle croit voir des ombres danser sur son visage.

« May » se présente-t-elle en esquissant une révérence, avec un sourire mutin. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Sa question favorite, à balancer de but en blanc à un parfait inconnu. Il s'est toujours passé quelque chose, quelques minutes, ou même plusieurs années auparavant. Les gens ont toujours quelque chose à raconter. Et May aime voir quelles histoires ressurgissent en premier.

samedi  ;  6 mars 2010
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Sam 20 Fév - 1:56


Il la fixe, l'inspecte sans détour. Au bout d'une bonne minute, peut-être même deux, il s'arrache à sa curiosité et ouvre enfin la bouche. Le verbe nonchalant, il s'encombre quand même d'une subtile empathie, un peu honteux dans son cafouillage.

Désolé, j'aurai dû être plus vigilant. Il arbore un sourire frugal. Un moment. Il se penche alors, saisissant d'entre deux doigts le bout de papier qui s'est échappé. May ? Tu peux m'appeler Jack et, bonne déduction : je suis bien un client. Quant à ce qui s'est passé..

Il penche son regard, reporte son attention l'espace d'un instant, et glisse lestement son bout de papier contre la surface plate de l'étal. Anagogies inutiles, tout est marqué sur la liste : il agrémente le geste d'un économe «J'ai besoin de tout ça » et d'une classique formule de politesse, et le voici quasi-accompli dans sa quête. Le vieil homme parti à sa besogne, ses iris se plantent une fois encore dans ceux de May, comme on harponnerait une зверь .

Un achat banal, rien de bien palpitant.  Il joint ses mains. Par contre, la cacophonie de tout à l'heure était plus que surprenante.  Sa mine se fais curieuse, davantage ouverte. Ça m'intéresse. Je pourrais en savoir plus ?

Droit au but, il ne change rien.


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Mar 15 Mar - 15:34

If I could just see clearly, into you

Elle sent son regard qui s'accroche à elle, inquisiteur, curieux. Au moins il n'a pas l'air de se formalisé de son petit rentre-dedans inopiné, c'était déjà ça. Vu la différence de taille et ce petit quelque chose de froid qu'elle devinait plus qu'elle voyait vraiment au fond de sa pupille, elle était plutôt contente qu'il ne semble pas du type sang-chaud. D'autant plus qu'elle s'en serait voulu d'avoir nui au commerce du marchand de légumes.

Son ténébreux inconnu se présenta alors sous le nom de Jack, et la blondinette se fendit d'un sourire :

« Ça fait un peu pirate ! »

Il s'interrompit quelques instants pour donner sa liste de course au vendeur, qui se mit à préparer ses sacs en piochant dans les cageots. May le regarda s'affairer d'un oeil distrait, toujours amusée de voir le soin qu'il mettait à choisir ses légumes, quand Monsieur Pirate reprit la parole, répondant à sa question par des banalités. Dommage, pas d'histoire croustillante à se mettre sous la dent pour cette fois-ci. Mais le personnage en lui-même ressemblait déjà à une histoire intriguante aux yeux de la jeune fille, ce qui faisait qu'elle était plutôt contente de cette rencontre, et très curieuse à son sujet.

« Par contre, la cacophonie de tout à l'heure était plus que surprenante. Ça m'intéresse. Je pourrais en savoir plus ? »

Elle n'était visiblement pas la seule à être curieuse. Partagée entre la satisfaction de voir son expression se détendre un peu, et l'embarrassement qu'elle éprouvait pour son indomptable Altération, la jeune fille esquissa une moue ennuyée.

« Oh ça, c'est... On m'a altérée pour que ma voix porte plus, mais le job a été particulièrement mal fait et du ma voix. saute. sans transition, dès que je m'emporte un peu. Du coup je parle normalement, et l'instant d'après je crie à en faire vibrer les fenêtres. C'est assez gênant. »

Elle était presque bougonne, à présent. Elle s'était bien gardée de préciser que c'était elle qui avait élaboré ce Pouvoir à la base et que ses défauts venaient principalement du fait qu'elle avait fortement insisté pour que son altérateur respecte à la lettre ses instructions.

Puis elle ajouta en croisant les bras sur sa poitrine, avec un petit air satisfait :

« Mais c'est pratique pour se faire entendre. »

samedi ; 6 mars 2010

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