« if we could weave rainbows » ft. luca
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Mer 13 Jan - 16:35




Tu te faufiles dans les grandes rues du quartier. Tu observes les gens en train de s'amuser, de rire, de jouer, de réfléchir, de créer, de vivre ensemble. Tu presses le pas. Tu aimerais arriver vite là où tu veux aller. Des attroupements se forment ça et là et tu te retrouves bloqué. Tu n'as jamais été fait pour apprécier les foules, il semblerait. Tu n'aimes pas vraiment ça. Tu veux respirer l'air libre, pouvoir t'étirer, pouvoir courir dans l'herbe qui ondule dans le vent. Mais c'est impossible.

Tu tournes à droite et arrive dans une rue beaucoup moins fréquentée. Tu t'arrêtes devant une confiserie, bave légèrement devant ces belles sucreries, et repart. Tu accélères. Tu tournes encore et arrive dans une rue déserte. Tu pousses la porte de la librairie À la croisée des vents et tu entres, allant directement voir le propriétaire des lieux.

« Bonjour ! C'est Ron, je viens chercher du matériel et des livres de car-- »

Tu t'arrêtes car tes yeux tournent et tu l'aperçois sur un fauteuil, en train de lire. Et si, au lieu de repartir directement, tu ... ?

« Laissez, je vais chercher moi-même. »

Tu le remercies et t'excuses de l'avoir dérangé, et tu t'avances discrètement vers lui. Tu regardes ses yeux absorbés par le roman qu'il tient entre ses doigts faibles. Tu veux prendre ces doigts, les tenir et les serrer et faire mille et une choses. Mais non, tu ne peux pas. Tu ne veux pas, du moins, pas encore. Tu préfères laisser les choses telles qu'elles sont, puisque pour l'instant tu n'arrives pas à mettre un nom sur ce que tu ressent. Bon sang.

« Coucou, Luca. Qu'est-ce que tu lis ? »

Ta voix est si douce ...
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Jeu 21 Jan - 20:24

IF WE COULD WEAVE RAINBOWS
Le lent tic-tac de la grande horloge du fond de la boutique te bercerait presque. C'est un bruit comme une mélopée à laquelle tu t'es habitué avec le temps. Au début, c'était un peu déstabilisant, un peu perturbant ; un peu angoissant même. Ce va-et-vient continu dans le silence le plus complet, et tous les souvenirs qu'il t'arrachait. Ces images de la maison de tes grands-parents, cette vieille maison isolée dans la campagne italienne. Malgré toute l'affection que tu as pour tes grands-parents, qui sont souvent les seuls à te défendre auprès de ton père maintenant qu'elle - et tu sens ta gorge se serrer - n'est plus là, tu n'es plus parvenu à supporter la bâtisse, baignée par ce métronome. Parce que ça te rappelle trop de choses, trop de moments. A chaque pièce, chaque couloir, chaque recoin, tu voyais son fantôme te sourire: et soudain tu étais transpercé par des milliers de lances, écartelé par ta propre culpabilité. Et t'avais mal. Un mal insidieux qui traverse tout ton corps, une douleur intense qui ne s'arrêtera pas.

Parce que tout ça est de ta faute.

Mais ici, dans cette alcôve aux murs sombres, tu n'y penses pas. Les livres, les histoires ont anesthésié ton esprit - une seringue plantée dans ton bras qui te fait oublier tous tes soucis. Tu as comme quitté ce monde, comme si tu avais Sauté à nouveau, et tu dévores mot après mot, page après page. De temps à autre, tu lèves les yeux de l'ouvrage que tu consultes, et tu restes un moment à contempler la librairie. A La Croisée des Vents est une des nombreuses boutiques de Babylon, et bien qu'elle te plaise beaucoup - une bonne alternative à la bibliothèque de l'Orphelinat Underwood - tu y vois rarement beaucoup de monde. Probablement car les enfants de la ville ne sont pas très intéressés par ce genre de littérature. Même si, honnêtement, malgré que tu ressentes un peu de peine pour le gérant, tu es plutôt content qu'il n'y ait pas trop de monde ici. Ton cœur n'est pas écrasé sous cette pression que tu ressens dès que des gens s'approchent trop de toi.

Tu es seul.

Mais seul, tu ne l'es plus longtemps. Alors que tu allais entamer un nouveau chapitre, une voix s'élève dans le silence. Tu sursautes. C'est une voix que tu as un peu de mal à reconnaître au début, mais finalement, le déclic se fait. Tes mains frêles referment le livre que tu étais en train de lire, et tes prunelles argentées se fixent sur le visage du nouveau venu.

« O-oh, Ron...bonjour. »

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Sam 23 Jan - 21:42




« O-oh, Ron ... bonjour. »

Et il relève la tête, et il te PARLE. Tu essaies de contenir ces nouvelles émotions que tu ne connais pas, ou alors, qui sont restées si longtemps dans les tréfonds de ton âme qu'elles ont disparues à tes yeux. Tu sens quand même qu'il est très gêné et tu te reprends. Tu reprends une stature correcte et t'assieds dans le fauteuil situé à ses côtés. Tu vois qu'il a refermé le livre qu'il lisait et tu te rappelles qu'il t'a conseillé un livre et que tu étais encore plongé dedans hier soir mais tu as oublié de le prendre avec toi, tristesse.

Tu te rappelles l'intrigue, les personnages, tout, tout, tu adores. Quand tu t'es arrêté de le lire, dans ton lit, tu as fermé délicatement le livre et tu es devenu rêveur. Tu t'imaginais les scènes que tu avais lu et tu voyais du bonheur, des paysages incroyables, de la magie, des aventures incroyables. Et tu te languissais en t'imaginant à la place de ces personnages ... Vraiment, Luca a un talent pour dégoter des romans géniaux.

Ça te rappelle un petit peu Avalon, ce que tu y vis en ce moment, les petites escapades dans la forêt, les tentatives de trouver de nouvelles cachettes, etc. Tu te dis que peut-être, au final, tu vis toi aussi des aventures magiques, quoique différentes. Mais c'est bien, justement. Après tout, c'est à toi de tracer tes aventures et ton chemin.

« J'ai continué le livre que tu m'as conseillé, il est franchement génial ! J'adore. Et ce livre-là, je suppose que c'est encore une de tes dernières trouvailles ? »

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Dim 31 Jan - 17:42

IF WE COULD WEAVE RAINBOWS
Tu le regardes s'asseoir à côté de toi, sur un de ces fauteuils extrêmement confortables qui font notamment la fierté du libraire. Et, tandis que ses paroles volent jusqu'à tes oreilles, tu te rends compte de quelque chose, quelque chose dont tu as un peu honte. Tu ne parviens pas à te rappeler de quel livre il parle. Tu n'as jamais eu bonne mémoire, à un point que ce genre de choses a tendance à vite disparaître de tes souvenirs; et tu en as lu tellement, et recommandé un bon nombre aux rares personnes que tu fréquentes -- même si, avouons-le, cela ne fait pas beaucoup, au final. Ton cœur tressaillit.

Tu as honte, bien trop honte de lui avouer que tu ne sais plus duquel il parle. Parce que tu ne veux pas le vexer. Parce que tu ne veux pas le faire fuir. Tu as peur de lui faire du mal. Et tu as peur qu'il te laisse. Alors tu te concentres, et aussitôt les rouages s'activent, tournent en toi. Tu veux te remémorer, et tu esquives son attention un moment, histoire de te laisser du temps pour te remémorer de quel ouvrage il parle. Le silence entre vous deux est pesant. Pendant un moment, tu crois presque qu'il t'a percé à jour. Qu'il ne voudra plus jamais te voir. Tu trembles -- mais tu dois te ressaisir.

Mais au milieu de toute cette confusion il y a, quelque part dans un coin de ta tête, une sorte de déclic. Une réalisation un peu maladroite, qui pourtant emplit ton cœur d'un sentiment que tu parviens à peine à identifier. Ton regard, hésitant, se pose sur son visage. Il a l'air heureux. Tu as rendu quelqu'un heureux. Tu n'en es pas sûr, après tout comprendre les autres n'est pas la chose dans laquelle tu excelles le plus. Mais, imperceptiblement, tu ressens ce tremblement dans l'air. Et ça te fait tout bizarre, parce que -- toi ? Rendre quelqu'un heureux ? Ça n'est pas possible, tu ne peux pas t'imaginer ça. Toi qui a toujours tout ruiné, toi qui ne fais qu'enchaîner erreur après erreur. Toi qui es un échec complet. Tu as du mal à te l'admettre, mais si c'est effectivement le cas, peut-être que toi aussi, tu es heureux. Ne serait-ce qu'un peu. C'est étrange.

Et, tout à coup, tu t'en souviens. Tu revois la couverture qui se grave dans ton esprit, et chaque petit détail est net, vif. Les mots t'inondent, s'assemblant les uns avec les autres pour reformer le scénario. Oui, ça te revient. Tu apprécies beaucoup ce livre, si bien que tu as tenté de le conseiller à beaucoup de monde. Un peu ce que tu feras avec celui que tu tiens actuellement entre tes mains. Tu n'es pas vraiment difficile, question littérature -- tant que ça te permet de t'échapper du monde réel, ça te convient. Un peu comme ce que tu fais avec Avalon. Mais ça te fait plaisir de voir que d'autres gens peuvent expérimenter la même chose. Si ça peut les aider, alors tant mieux.

« Ah...t-tant mieux. Je...c'est bien, qu'il te plaise. »

Tu t'interromps un moment. Tu as trop peur de dire que tu es heureux qu'il l'aie trouvé à son goût. Parce que tu n'as pas envie de tout gâcher. Tes yeux quittent son visage, et tu reprends.

« Oui...je l'ai commencé il y a quelques jours. Il est...vraiment bien. »

Tu déglutis. Décidément, la conversation, c'est vraiment pas ton truc.

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